21,5KM : DÉFI MARCHE SOLO RÉALISÉ!

21,5KM : DÉFI MARCHE SOLO RÉALISÉ!

Et bien voilà, après m’être essayée à la marche solitaire de 12 km, puis 16 km, je me suis dit que j’étais prête pour mon premier défi marche solo : aller seule rejoindre les écuries dans lesquelles je passe tant d’heures (j’ai cette passion commune avec ma fille 😉). J’effectue ce trajet plusieurs fois par semaine…mais en voiture. La distance représente environ 20km d’après la carte. Après tout, cela ne fait « que » 4km de plus que ma dernière marche.

Me voilà donc partie sur les routes et chemins un samedi matin par un beau soleil… je vous emmène?

marche solo

DÉFI MARCHE SOLO : MON SAC À DOS EST TOUJOURS AUSSI SUCCINCT

J’utilise toujours le sac à dos de ski de mon fils car je trouve qu’il est particulièrement adapté à ma morphologie . Les fois précédentes, aucune douleur au dos ni aux épaules donc je l’ai définitivement adopté. Je n’arrive pas encore à préparer mes affaires la veille. En fait, je ne supporte plus de prévoir ce genre de détail à l’avance car tout dépend de ce que je ressens avant de partir. J’aime m’offrir le luxe de privilégier l’intuition… et puis c’est une marche de quelques heures après tout, ce n’est pas comme si je partais pour plusieurs jours.

Ce que j’ai emporté :

  • Une bouteille d’eau
  • Une pomme, une orange et une salade de pâtes (pause déjeuner oblige)
  • Une batterie nomade pour mon téléphone
  • De la crème solaire
  • Des mouchoirs en papier
  • Un maillot manches longues si la température chute
  • Un legging pour les mêmes raisons de température (je suis partie en short)

Pesée du sac au départ : 3,8kg ce qui est plus que correct. Je me suis amusée à le peser pour me rendre compte de son poids… parce que oui, je peux vous l’annoncer, j’ai bien l’intention de partir plus chargée un jour prochain 😉.

Le jour de ma marche, je me suis levée en pleine forme! J’ai pris la précaution de faire une bonne nuit de sommeil pour pouvoir tenir la distance. Et surtout parce que je suis une véritable marmotte 😅. Physiquement, je me sens prête et moralement aussi donc tout est parfait. Touche finale : j’enfile mes chaussures de marche qui me tiennent dorénavant compagnie à chaque escapade. Je crois bien que nous sommes devenues complices d’ailleurs… même le sac à dos s’humanise lorsque vous randonnez : si, si, je vous assure 😅. Me voilà donc partie par un beau samedi matin : il est 9h45 (pas très matinale la fille!).

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DÉFI MARCHE SOLO : MA PREMIÈRE HEURE DE MARCHE

Le début de mon itinéraire se passe sur la route.

Beurk je n’aime pas la route mais je n’ai pas voulu augmenter la difficulté en passant par les chemins, le but étant de voir si je suis capable de tenir la distance dans un premier temps. Et bien je peux vous dire que les gens roulent vraiment très vite sur nos routes de campagne et qu’on s’en rend d’autant plus compte lorsque nous sommes piétons à la merci du moindre écart. Il y a même des automobilistes qui vous frôlent de façon inconsidérée. Je n’ose imaginer les autres axes routiers parce qu’aujourd’hui, je suis quand même en rase campagne au coeur du vignoble champenois! Bref je hâte le pas pour avancer sur mon itinéraire.

Je suis impatiente de quitter la civilisation et les voitures. 

Après avoir parcouru les 4 premiers kilomètres, la circulation ralentit à mon grand plaisir. Les voitures se font plus rares : que c’est appréciable! J’arrive à proximité d’une forêt et je peux « enfin » entendre la douce mélodie du chant des oiseaux.

Je soupire d’aise en ressentant instantanément le bien-être que m’apporte la proximité des arbres. 

C’est ainsi que je poursuis ma route sur 4km à travers bois et vignes. Régulièrement lors de mes marches, je m’exerce à pratiquer l’attention sur mes sens. Ainsi, en me focalisant sur mon ouïe, j’ai pris conscience que rares étaient les moments échappant à la pollution sonore humaine. Je m’explique : j’ai écouté en conscience tous les sons qui arrivaient jusqu’à moi et j’ai été désolée de constater des bruits autres que ceux de la nature. Bien sûr, je pouvais accueillir le bruit du vent, les gazouillis des oiseaux, la brise qui jouait de la harpe dans les hautes herbes, les grincements des arbres chahutés par les rafales ainsi que quelques insectes bourdonnants.

En revanche, je m’agaçais des bruits d’avion dans le ciel et de moteurs lointains mais présents. 

J’entame mon 9ème km. Arrivée à un village, je m’enfonce un peu plus dans les marais. Je sais que je vais entrer dans une zone encore plus sauvage et désertée. Et cet endroit, je l’ai goûté avec délice. Plus de bruit humain, plus de voiture, il m’avait fallu une heure de marche pour qu’enfin mon mental me fiche la paix. Je me laisse envahir par cette paix interne si bénéfique et ressourçante.

Je prends conscience que je suis entourée par la nature et je la remercie de m’accueillir sur son territoire. 

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DÉFI MARCHE SOLO : MA RENCONTRE AVEC UNE LICORNE NOIRE

11ème km. J’atteins une ancienne abbaye d’une époustouflante beauté. Cet endroit dégage une telle énergie bienveillante que je ralentis le pas pour mieux la savourer. Je décide finalement de m’arrêter pour ma pause déjeuner à la fin du domaine, au bord d’un ruisseau. C’est ainsi que je m’assois dans l’herbe, le regard dirigé vers l’eau qui s’écoule paisiblement.

J’ai pour « bande son » des oiseaux et des grenouilles : c’est magique.

J’ai faim! Mais une faim différente de celle que je suis habituée à ressentir. Mon corps réclame son carburant. Cette sensation me fascine. Je porte mon attention sur le fait de fournir à mon corps cette nouvelle énergie par le biais des aliments.

Et puis soudain, je relève la tête car je me sens observée.

Et là, à quelque distance de moi, majestueux dans sa robe d’un noir profond, se tient un magnifique frison. Cheval de son état, il a le port de tête fier, curieux. Ses crins longs et soyeux ondulent sur son encolure puissante. Il règne sur l’endroit et se demande bien qui peut venir troubler la quiétude des lieux. Nous nous observons respectueusement.

Et je prononce à voix haute ces paroles : «  Tu es magnifique! ».

Peux-être ai-je éveillé sa curiosité car il se rapproche un peu plus pour voir à qui il a affaire. En revanche, il reste prudent. Il hume l’air, me toise de son regard altier. Nous nous observons encore un moment… un moment pendant lequel le temps est comme suspendu…. Et je sens qu’il se détend en prenant conscience que je ne suis pas un danger pour lui . Il fait demi-tour, non sans me lancer un dernier regard d’une douceur! Vous allez peut-être me prendre pour une personne « différente » ou « bizarre » ou « extraterrestre » mais qu’importe, cela fait partie de moi : j’ai vraiment eu l’impression que ce cheval visitait mon esprit.

J’étais éblouie par tant de beauté et le temps s’est soudainement arrêté.

Je ne sais pas combien de temps a duré ce face à face. En revanche, ce que je sais, c’est que ce moment m’a laissé une merveilleuse sensation de magie et d’échange. L’image de la licorne m’est arrivée en tête sans que je sache pourquoi. Alors je vous livre cette image telle quelle, sans analyse.

Après cette étrange rencontre, j’ai fini mon repas et ai repris mon chemin. Je commençais à avoir un peu froid de m’être arrêtée mais le soleil s’est vite chargé de me réchauffer.

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DÉFI MARCHE SOLO : DIALOGUE AVEC L’ESPRIT D’UN ARBRE

Un peu après m’être arrêtée, je traverse un village joliment fleuri. Il n’y a pas âme qui vive, c’est l’heure du repas et j’imagine aisément tous ces humains qui se retrouvent autour d’une table.

C’est fou comme chaque village dégage une ambiance qui lui est propre.

Dans celui-ci, tout est ordonné. Aucun brun d’herbe ne dépasse d’un autre. Les pelouses sont tondues. Les balconnières et parterres sont fleuris. Pas un volet en manque de peinture, tout n’est qu’harmonie… C’est presque trop à mon goût… ça manque de « sauvage ».

Donc je finis ma traversée sans avoir croisé un seul humain. Il commence à faire chaud, j’ai oublié de mettre une casquette 🙄. J’ai hâte de quitter ces routes de bitume et de progresser dans des chemins. Et enfin, ils arrivent!

Ces chemins d’herbes, de cailloux et de pierres sur lesquels j’aime tant cheminer.

La courbe sinueuse de mon avancée suit à ce moment là un ruisseau. J’y croise des roseaux éclatés par le soleil, des herbes sèches envahies de toiles d’araignées : je n’en ai jamais vu autant!

J’ai oublié de vous dire qu’à chaque fois que je passe près d’une forêt, je remercie de la bienveillance des habitants des lieux à mon égard. De la même façon, je les informe de mon respect. Voilà c’était une petite parenthèse 😉.

J’arrive enfin à proximité d’une forêt et mon regard est attiré au loin par un arbre situé en regard de celle-ci. Peu avant de l’atteindre, un rapace prend son envol juste devant moi : majestueux… la Vie est belle… Je lève donc les yeux sur cet arbre qui a attiré mon attention bien avant que je sois près de lui.

Cet arbre dégage une telle présence!

C’est un chêne tout biscornu qui a l’air âgé bien que de taille raisonnable. Je ressens de l’énergie bienveillante émaner de lui. En revanche je regrette de ne pas avoir pris le temps de me pauser près de lui. Je pense que les arbres nécessitent du temps dans la communication, ils ne sont pas dans l’instantanéité comme nous autres humains survoltés. Je repars donc sur le chemin avec la sensation d’avoir effleurer l’esprit de cet arbre, persuadée que je suis d’y avoir vraiment ressenti une présence.

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@FotoshopTofs Pixabay

DÉFI MARCHE SOLO : L’ATTAQUE DES MOUSTIQUES TUEURS

Les kilomètres défilent sous mes pas.

Moi qui croyais être dépourvue de sens de l’orientation, il a bien fallu à un moment donné que celui-ci soit opérationnel.

Et comme dans toute situation de soudaineté, mon mental ne parle pas, c’est mon instinct qui entre en action. Le chemin s’arrête alors qu’il est censé me conduire jusqu’à un autre sentier. Pas de visibilité, je prends donc la décision de prendre la direction qui me semble la plus appropriée. Je traverse un champ de blé : pas franchement agréable à faire en short, je suis recouverte de toiles d’araignées. Je me retrouve même avec une espèce de larve/asticot/chenille sur la jambe beurk… En temps ordinaires, toutes ces bestioles ne sont franchement pas ma panacée mais là, bizarrement, cela ne me fait ni chaud ni froid.

C’est moi qui suis sur leur territoire et non l’inverse.

Je finis par retrouver le fameux sentier. La fatigue commence à se faire ressentir mais j’avance. J’aime chacun de mes pas. Mon itinéraire m’indique que je dois emprunter un chemin en forêt. Je dois monter un talus pour pénétrer dans celle-ci, le chemin n’est pas vraiment dégagé et plutôt sombre. Une mini seconde d’hésitation et je m’engage dans le sous-bois.

La terre du chemin est retournée par les sangliers ce qui limite ma vitesse de progression. Je me tords les chevilles, me prends les pieds dans les ronces, enjambe des arbres tombés en travers du chemin et suis recouverte de fils de toiles d’araignée. C’est un véritable parcours du combattant et j’ai déjà 17km dans les jambes. Et soudain, je sens un moustique voler près de mon oreille…puis un autre… et encore un autre… et des dizaines d’autres encore!! Je me retourne et je vois un « essaim » noir de moustiques!!

J’ai l’impression de rêver je n’ai jamais vu ça!!

Je me débats comme je peux mais rien n’y fait ils ne partent pas et se repaissent de mon sang. Je ne peux pas m’arrêter : à chaque arrêt ils me piquent. Alors je réfléchis à toute vitesse. J’attrape mon sac à dos (toujours en marchant le plus vite possible), je saisis mon maillot à manche longue : je vais mourir de chaud mais au moins je vais limiter les piqûres. Je peux témoigner que mettre un maillot, encombrée d’un sac à dos, le tout en marchant sur un sol défoncé et bien ce n’est pas le top 😅! Maillot enfilé, je réajuste mon sac et…

je mets la machine en mode « sauve ta peau » .

Pourtant j’ai mal aux jambes mais je sers les dents et augmente encore ma cadence de marche. Je sais que j’ai encore 2km pour sortir des bois et je peux vous dire que dans ces cas-là, 2km, c’est long… très long… j’ai essayé de courir mais trop risqué car je me tords les chevilles. Je dépasse toute une zone dans laquelle je me retrouve à marcher sur un sol marécageux.

C’est un fait, je suis sur le territoire des moustiques, une réserve de sang ambulante, un vrai festin!

Je porte un short, mes jambes sont exposées, impossible de m’arrêter pour enfiler mon legging. Et voilà que je me retrouve à patauger dans une boue grouillante de moustiques. Puis enfin, j’aperçois la lumière au bout du sentier. Je vais enfin sortir de ce cauchemar! J’accélère et demande un dernier effort à mon corps. Une vive douleur se réveille au niveau de mes reins mais j’avance. Ce n’est pas le moment de lâcher.

Et enfin je sors des bois, je me retourne, ils sont encore là mais moins nombreux. Je continue ma progression en dehors des bois. Plus j’avance, plus ils lâchent l’affaire, autrement dit : moi.

Cricri 1 les moustiques 20!!

Je suis enfin débarrassée de ces bestioles : victoire!!!! Pfiouuuuu ça ne paraît rien comme ça mais je vous jure qu’il fallait y être pour le croire!!!

À posteriori, j’ai adoré ce moment en fait. J’y ai expérimenté le dépassement de soi dans la douleur physique. Mais également l’instinct de sauvegarde : on se «  transforme »  dans ces cas-là. C’est l’instinct qui prend les commandes, le côté « sauvage » de l’humain. Ce n’est pas votre téléphone qui va vous sauver mais bel et bien votre cerveau reptilien et votre corps. Une telle expérience vous donne encore plus de confiance en vous. Vous êtes conscient de vos ressources.

Vous savez qu’en cas d’urgence, votre cerveau ne faillit pas.

Vous prenez également conscience que l’état sauvage est en vous : recouvert de tout un tas de croyances et d’aseptisation mais il est là. Alors oui, c’était grisant!! J’ai adoré ça!!! Et je suis impatiente de vivre d’autres moments comme celui-ci afin de reprendre contact avec mon côté « sauvage » et instinctif. Je ne sais pas de quelle façon je vais le vivre mais je fais confiance en la Vie pour mettre sur mon chemin de telles expériences.

DÉFI MARCHE SOLO : ARRIVÉE À DESTINATION

Je suis arrivée à destination au bout de 21,5km en 4h30. C’est un timing honorable qui me convient pour l’instant.

Je n’ai pas arrêté de manger une fois arrivée aux écuries : mon corps réclamait son dû!! Sensation nouvelle pour moi de mon corps qui réclame son carburant : c’est déconcertant! Et pourtant cela ne m’a pas fait prendre un gramme ahah le bonheur.

Je n’ai qu’une envie : c’est repartir et vivre d’autres moments magiques. Les moments de marche solitaire sont toujours porteurs de messages, de petites aventures de vie, d’idées qui germent dans votre tête par on ne sait quel procédé, de lumières qui s’allument dans vos réflexions. C’est la magie de la marche… la magie de la Vie…Merci…Merci!

D’autres infos ou remarques? Dites-le moi en commentaires! Et si vous pensez que mon article peut intéresser des personnes de votre entourage, partagez-le sur les réseaux sociaux!

Comme toujours, pensez positif et inspirant, soyez lumineux et souriez 😀 Et surtout n’oubliez pas de prendre soin de votre bien-être intérieur.

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